Le business model du cartel de Sinaloa décortiqué

De la production de la M30 issue du fentanyl, à sa vente aux USA, avant le blanchiment des capitaux à Dubaï

Le journaliste Bertrand MONNET a le goût du risque puisqu’il est en contact depuis une dizaine d’années avec certains représentants de l’un des plus gros cartel de drogue mexicain, le cartel de Sinaloa.

Avec trois courtes vidéos, le Monde brosse le circuit de production d’une drogue de synthèse ravageuse qui a déjà causé la mort de plus de personnes que les guerres du Vietnam, d’Irak et d’Afghanistan réunies: la M30 produite à partir du fentanyl, un produit importé de Chine qui ne nécessite donc pas une culture agricole préalable comme pour la cocaïne.

La production

Dans la première vidéo, la fabrication de la M30 est présentée. Le fentanyl importé de Chine est ensuite mélangé à d’autres composants par les chimistes du cartel dans de petits laboratoires sur la côte ouest mexicaine notamment à Culiacán pour fabriquer les pilules bleues caractéristiques de cette drogue.

L’exportation

Dans la deuxième vidéo, direction les Etats-Unis qui est le premier marché d’exportation. Le client final est donc américain et tous les circuits de distribution sont utilisés pour y acheminer le produit fini dans ce qui s’apparente à un travail de fourmis ouvrières. Monsieur tout le monde consomme ainsi ce produit quotidiennement acheté entre 10 et 15 dollars US.

L’un des dealers précise qu’il croit en Dieu d’abord et en la mort ensuite, qu’il a une famille à nourrir et qu’il répond à la demande des consommateurs.

Il indique que derrière l’argent gagné, il peut se retrouver en prison une semaine plus tard et considère son métier comme le pire au monde.

Il remarque que les consommateurs ont abandonné l’héroïne qui tuait moins que la M30. Cela explique sans doute que le prochain marché de consommation visé est l’Europe à commencer par Paris en France.

Le blanchiment

Dans la troisième vidéo, un représentant du cartel se rend à Dubaï pour rencontrer deux intermédiaires français qui lui proposent d’investir en immobilier pour blanchir les capitaux issus de la vente. Un circuit bancaire complexe permet d’acheminer les capitaux en vue de leur investissement local.

Ces images sont saisissantes mais les dealers vont toujours plus vite et des drogues toujours plus ravageuses voient le jour. La presse évoque désormais la Tranq ou drogue du zombie qui associe le fentanyl et la xylazine.


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